Baptiste Dupas, Coordinateur de l’association Open Lande | Animateur radio | Caissier dans un supermarché coopératif

"J'anime une communauté de plus de 430 engagé.e.s dans une transition environnementale soutenable.

J'accompagne l'émergence de projets à impact et démonstrateurs d'une économie régénérative.

Je programme une offre événementielle visant à sensibiliser (lectures, conférences) et à former (centre de ressources, ateliers) à la culture de l'impact"

Fonction

Gestion de Projet, Ingénierie et études, Marketing/Communication, Stratégie et Management

Secteur

Agriculture, élevage et sylviculture, Alimentation, Aménagement du territoire et urbanisme, Art, Artisanat et Culture, Ecosystèmes et biodiversité, Education, Formation et Sensibilisation, Energies, Gestion des déchets et recyclage, Gestion des ressources naturelles, Architecture, habitat et bâtiment, Médias, audiovisuel, communication, Mode et textile, Santé et solidarité, Tourisme et restauration, Transports et mobilité

Statut

Salarié.e

Type de structure

Association (liée à une entreprise à mission agrée ESUS)

Mots clés

Accompagnement de projets, Animation, Communauté, Engagement citoyen, Slashing,

Lien

https://open-lande.mn.co/

Ton métier

En quoi ton travail s’inscrit-il dans les luttes écologiques et sociales ? A quels enjeux et de quelle manière te permet-il de contribuer ?

Mon activité au sein d’Open Lande, fabrique de projets répond notamment à des enjeux d’acculturation, d’éveil des consciences (le pourquoi ?) tout en apportant un soutien à la mise en action de notre mission  »Réparer la Terre » par le(s) projet(s) (le comment ?).

Quelles qualités et compétences sont indispensables dans ton travail au quotidien, tant techniques qu’humaines (relationnel, créativité, pédagogie…) ?

Coté humain, je dirais l’empathie en pôle position (la charge émotionnelle sur ces sujets est parfois lourde, on parle ici d’éco-anxiété notamment), un relationnel créatif pour susciter l’attention des individus et générer des synergies utiles et efficaces.

Coté tech, je dirais une bonne connaissance des enjeux et du contexte scientifique (mon parcours d’ingénieur m’est utile ici mais pas indispensable) et de bonnes capacités d’organisation/planification, la boite à outils du ou de la chef.fe de projet est à maîtriser en somme.

Aujourd’hui, qu’est ce qui te plait le plus dans ton travail et ces différentes activités ?

Les étoiles dans les yeux des personnes que je rencontre au quotidien et qui me disent  »je veux en être! », celleux qui osent se poser les bonnes questions, prendre du recul par rapport à leur métier ou leur manière de vivre, leur sensibilité envers notre histoire et le devenir de la planète.
Un vrai moteur. Une vraie utilité. Un vrai sens.

A contrario, quels aspects apprécies-tu moins ou sont plus difficiles ?

Sûrement le temps.

C’est le tempo qui donne toute sa force de frappe à l’impact d’un projet, d’un outil, d’une organisation, d’un individu.

Relatif, inflexible il joue parfois en notre défaveur pour accompagner des projets, créer du mouvement, mobiliser.

A ton avis, comment va évoluer ce métier dans les années qui viennent ?

Vu la mobilisation actuelle de la génération qui va prendre la relève (coucou les marches pour le climat), j’ai toute confiance en l’apparition de nouveaux métiers non plus  »seulement » réduits à un champ d’action RSE mais avec un spectre d’intervention plus large dans les organisations publiques comme privées : responsable de l’impact, chef.fe de projet empreinte, manager de la transition, etc.

Et puis j’y vois aussi l’essaimage de modèle SAS à mission + association. Les entreprises sociales, c’est le turfu !

Ton engagement bénévole

Décris-nous en quelques mots en quoi consiste ton engagement associatif/bénévole

Dans mes  »autres vies » qui relèvent de l’associatif et du militantisme citoyen, je participe activement à la mise en place de projets porteurs en lien avec la filière économie sociale et solidaire, culturelle, alimentaire au sein des structures suivantes à Nantes :

  • Ferme des mille Bras, une ferme péri-urbaine coopérative en maraîchage sur sol vivant
  • Scopéli, supermarché coopératif et autogéré implanté dans une ancienne salle de fitness
  • Radio Prun’, une radio associative et engagée regroupant plus de 200 bénévoles
  • Paumé.e.s de Nantes by Makesense, une communauté qui questionne le sens au travail et le travail du sens
Pourquoi avoir choisi de t’engager de la sorte ? Qu’est-ce que cela t’apporte ?

Un alignement avec la personne que j’étais, celle que je suis aujourd’hui et celle que j’aspire devenir. Une réponse par  »le faire » à mon père qui ne comprends pas toujours ce que je fais mais qui me disait étant petit  »toi, tu seras humaniste, je le sens ».

Et puis tous ces engagements, où le lien humain est privilégié, réhaussent jour après jour mon capital joie, plaisir et fun, ce qui n’est pas pour me déplaire

Ton parcours

Raconte-nous un peu plus en détails ton parcours…

Bac scientifique puis bascule vers le monde de l’ingénierie en intégrant la prépa intégrée de Polytech à Angers. S’en suit un parcours  »Génie des systèmes industriels : parcours management de l’innovation – option Capital Immatériel et Management des connaissances » (fiou c’est long!)

En gros, une formation qui met en capacité de partir de la feuille blanche jusqu’à la mise sur le marché d’un nouveau produit/service (créativité, conception, propriété intellectuelle, prospective, intelligence économique).

J’ai mis un stop au  »moule » qu’on me proposait en fin de quatrième année.

Une approche trop  »ingénieur » de l’innovation à mon goût avec une dimension sensible et usage pas assez présente. Je demande une année de césure à mon responsable de formation.

Ce qui m’amène à passer 6 mois à la Cité du Design de Saint-Étienne avec des designers, ethnologues, sociologues, psychologues à développer des projets d’innovation par le design puis 6 autres mois chez un de leur partenaire au Québec dans un living lab.

Retour dans une salle de classe après ça, je me suis un peu ennuyé du format descendant de l’académie mais néanmoins la chance d’évoluer pendant six mois dans une classe de cinq de personnes avec une prospectiviste très inspirante à la baguette.

Ensuite j’enchaîne pour un stage de fin d’étude dans un cabinet de conseil en innovation par le design (thinking) où je me vois offrir un poste de chef de projet, rôle que j’endosse pendant un peu moins de trois ans.

Au bout de ce temps passé, un questionnement de fond sur le sens de nos pratiques, le sens des projets qu’on accompagne, le sens de notre impact me donne le goût de voguer vers d’autres horizons.

Mon engagement association par ailleurs m’a fait sauter le pas je pense.

Je quitte donc mes fonctions de consultant pour prendre en main la coordination de la  »tête associative » du projet Open Lande. Joie !

Y a t’il selon toi des formations indispensables pour faire ton métier ?

Je ne pense pas.

À mon sens, la seule formation valable et valorisable de manière utile c’est l’expérience. Et je ne parle pas forcément d’expérience professionnelle.

Toi

Quelles sont les valeurs les plus importantes pour toi ?

Plaisir & Franche Rigolade | Équité & Diversité | Inspiration & Expérimentation | Force collective & Commun(s) | Coopération | Progrès (humain) et droit à l’erreur

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans ce métier ou, plus généralement, se reconvertir ?

Aller à la rencontre de celleux  »qui font » avant de devenir celleux qui  »sont ».

Donc ça passe par prendre le pouls de communautés, écosystèmes qui travaillent sur ces sujets en engageant la conversation avec eux.

Je donnerais aussi de l’importance à la prise de recul, le questionnement et le droit à l’erreur appliqué à notre manière de vivre.

L’apprentissage et l’éveil sur les enjeux environnementaux commencent par ce que l’on connaît 😉


Merci, Baptiste !

Et aussi…

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