Cyril Auzer, Ingénieur Environnement dans le bâtiment

"Je m'occupe d'intégrer une plus ou moins grande part de conception environnementale aux bâtiments que nous construisons, pour faire mieux que le strict minimum réglementaire."

Fonction

Ingénierie et études

Secteur

Architecture, habitat et bâtiment

Statut

Salarié.e

Type de structure

PME

Mots clés

Carbone, Qualité de l'air, Sensibiliser, Conception

Lien

Ton métier

En quoi ton travail s’inscrit-il dans les luttes écologiques et sociales ? A quels enjeux et de quelle manière te permet-il de contribuer ?

Mon métier englobe beaucoup de sujets en lien avec l’environnement, comme la gestion de l’énergie, la conception carbone, mais aussi les notions de qualité et de confort d’usage comme le confort visuel, la qualité de l’air, etc.

C’est une sorte de fourre-tout où nous avons intégré tous les thèmes qui traitent du vivant, et mon travail consiste à faire en sorte qu’ils ne soient pas oubliés dans une conception technico-économique des bâtiments que nous utilisons.

Quelles qualités et compétences sont indispensables dans ton travail au quotidien, tant techniques qu’humaines (relationnel, créativité, pédagogie…) ?

Je reste convaincu que ce sont les gens passionnés et engagés qui sont les plus efficaces dans ce domaine.

Une grande partie de mon travail consiste à convaincre/sensibiliser des ingénieurs, architectes ou maitrise d’ouvrage à faire mieux/différemment.

Lorsque l’on sort de l’école et que l’on doit convaincre des professionnels du métier de revoir leur façon de travailler, alors qu’ils exerçaient déjà avant notre arrivée sur Terre, il faut savoir s’accrocher et se montrer persuasif, et cela ne vient que lorsque ce sont nos convictions qui nous poussent.

Aujourd’hui, qu’est ce qui te plait le plus dans ton travail ?

Ce qui me plait, c’est de savoir que mon travail fait sens avec mes convictions, et qu’il me permet de les concrétiser et de les traduire en kWh économisés, kgCO2eq évités, m3 d’eau recyclés, etc.

C’est un sentiment qui se retrouve également chez les collègues, et l’atmosphère de travail n’en est que meilleure.

A contrario, quels aspects apprécies-tu moins ou sont plus difficiles ?

Ce n’est pas un monde de bisounours et il y a bien sûr beaucoup de freins et de choses que j’aimerais faire différemment.

L’environnement passe souvent par la certification, et les motivations des décideurs sont pas toujours alignées avec les miennes, certains étant seulement à la recherche de la jolie plaquette à coller à l’entrée du bâtiment. Au final, on trouve quand même toujours un moyen d’être utile.

Quelles sont les idées reçues sur ce métier ?

On est des mangeurs de graines, on ne connait rien au bâtiment, on ne fait que cocher des cases, et on adore poser des contraintes aux gars du chantier juste pour les voir râler, parce qu’au fond on adore passer pour les casse-pieds de service !

A ton avis, comment va évoluer ce métier dans les années qui viennent ?

Dans un monde idéal, mon métier disparaitra, car tout le monde aura appris à intégrer le développement durable à la conception des bâtiments.

Dans un monde réel, on aura encore plus de pain sur la planche à mesure qu’on passera de la certification/qualité au réglementaire. Beaucoup en grincerons des dents, mais disons le, on s’amuse moins s’il n’y a pas de débats !

Ton parcours

Raconte-nous ton parcours : comment en es-tu arrivé à faire ce que tu fais ? Quelles ont été les étapes de ton parcours ?

J’ai à la base choisi une formation dans le génie civil pour la pluralité des sciences qui le concernent. J’aimais bien le chantier, la structure et la thermique, mais je n’arrivais pas trop à me décider.

Pendant un projet pro où nous rencontrions des professionnels du métier, un ingénieur m’a dit qu’il a su qu’il voulait travailler dans la structure quand il s’est mit à emprunter des bouquins à la bibliothèque et à regarder des conférences sur son temps libre. C’est ce qui m’est arrivé vers la fin de mon parcours, probablement en partie confirmé par une conférence de JMJ, à laquelle j’ai eu la chance d’assister.

L’arrivée dans le monde professionnel a été beaucoup plus complexe qu’anticipée, avec un diplôme en Génie Civil là où presque tout le monde vient du domaine de l’énergie, mais j’ai su faire mes preuves et faire de mes différences ma force, car au final on apprend vraiment toujours sur le tas.

Y a t’il selon toi des formations indispensables pour faire ton métier ?

Je pense qu’il est plus simple de passer par une formation scientifique, bien que nous aurions beaucoup à apprendre en travaillant plus avec ceux issus de la pratique.

Il y a de la place pour tous les profils dans le bâtiment durable, des chefs de projets expert en planification aux mangeurs de base de données qui passent leur vie sur excel.

Soit dit en passant, les profils en reconversion sont à mon sens parmi les plus performants, car il en faut de la motivation pour changer de direction, et c’est ce qui compte !

Toi

Quelles sont les valeurs les plus importantes pour toi ?

Savoir se mettre dans les chaussures de l’autre, si on veut éviter les discussions stériles.

Savoir se remettre en question quand on a tort, et savoir ce qu’on ne sait pas, ce qui arrive souvent quand on débute.

Toujours continuer à proposer des choses et à discuter, car c’est comme ça que l’on apprend et qu’on fera mieux la prochaine fois.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans ce métier ou, plus généralement, se reconvertir ?

Connaître ses atouts, et communiquer sa motivation, car il y a beaucoup de petits jeunes qui veulent eux aussi changer le monde avec leurs petits bras.


Merci, Cyril !

Et aussi…

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