Laurie Caillouet, Hydrologue

L'hydrologie, c'est la science de l'eau.
Un hydrologue va s'intéresser à tous les aspects du cycle de l'eau et leurs intéractions : l'atmosphère, les rivières, le sol, les nappes.
De façon globale, il traite des sujets de ressources en eau et a des connaissances en météorologie et climatologie.

Plus concrètement, ce métier a plusieurs volets.
On peut par exemple étudier les évènements extrêmes (inondations, sécheresses), que ce soit pour les services de l'État (prévention) ou pour les assurances (gestion du risque).
Plusieurs services ont également besoin de prévisions hydrométéorologiques, afin de savoir quelle quantité d'eau sera disponible dans les jours à venir (domaine des énergies renouvelables par exemple).
Enfin, on peut également toucher à tout ce qui est gestion et répartition de l'eau, et aux études d'impact du changement climatique sur les ressources en eau.

Dans les faits, c'est beaucoup de traitement de données, analyses statistiques, modélisation informatique et de visualisation de données.

Fonction

Gestion de Projet, Ingénierie et études

Secteur

Energies, Gestion des ressources naturelles, Enseignement et recherche

Statut

Salarié.e

Type de structure

Société anonyme d'intérêt général

Mots clés

Eau, Hydrologie, Gestion des ressources, transition énergétique, sensibilisation, climatologie, recherche

Lien

https://www.eaudyssee.org

Ton métier

En quoi ton travail s’inscrit-il dans les luttes écologiques et sociales ? A quels enjeux et de quelle manière te permet-il de contribuer ?

La connaissance et la bonne gestion des ressources en eau est un sujet primordial pour contribuer de façon concrète dans les luttes socio-écologiques.

D’abord dans une optique de sensibilisation de tous les acteurs qui utilisent l’eau (agriculteurs, collectivités, citoyens…).

Les impacts du changement climatique sur ces ressources se font déjà sentir, et l’hydrologie permet de quantifier concrètement ces impacts afin d’adapter les politiques de gestion de l’eau et de faire des plans de prévention.

Ce domaine est aussi nécessaire dans une optique de transition énergétique (aide à la gestion des énergies renouvelables pour les structures déjà en place).

Quelles qualités et compétences sont indispensables dans ton travail au quotidien, tant techniques qu’humaines (relationnel, créativité, pédagogie…) ?

J’aime beaucoup le fait de travailler dans la compréhension de l’environnement et de la nature.

Ainsi, même si je suis souvent derrière un ordinateur, je suis en train de toucher à des notions de pluie, d’évaporation, de débit ou de quantité d’eau.

J’apprends aussi a connaître les rivières qui m’entourent et leurs spécificités : celle ci réagit vite quand il pleut, ou encore celle là est tout le temps à sec en été.

Enfin, j’aime beaucoup transmettre ces notions à d’autres, plutôt dans un cadre bénévole.

Aujourd’hui, qu’est ce qui te plait le plus dans ton travail et ces différentes activités ?

La diversité des acteurs rencontrés et l’intégration totale dans un écosystème d’acteurs locaux, pour faire le point de jonction entre les dispositifs et programmes très institutionnels (et souvent incompréhensibles) et le concret des entreprises, souvent loin de ces réalités et pour qui la transition est vue comme une contrainte difficile à appliquer surtout en période économique contrainte.

A contrario, quels aspects apprécies-tu moins ou sont plus difficiles ?

Il est parfois difficile de travailler dans un domaine où on connaît bien les enjeux futurs (manque d’eau, événements extrêmes), ce qui entraîne une « sur-conscience » de ces enjeux par rapport au reste de la population.

Ça peut être parfois déprimant et c’est pour ça que la vulgarisation et le bénévolat me permettent de sortir ces connaissances du milieu professionnel pour les diffuser.

A ton avis, comment va évoluer ce métier dans les années qui viennent ?

J’imagine que ce métier va plutôt prendre de l’importance dans les années à venir, avec la nécessité de mieux prévoir et connaître le fonctionnement du cycle de l’eau.

J’imagine aussi qu’un hydrologue devra être de plus en plus multi tâches, avec de bonnes connaissances des thématiques associées (climatologie, météorologie, géologie, océanographie, etc.).

Ton engagement bénévole

Décris-nous en quelques mots en quoi consiste ton engagement associatif/bénévole

J’ai décidé de monter ma structure associative, qui s’appelle Eau’Dyssée.

Cette association vise à sensibiliser tout type de publics aux enjeux de l’eau grâce à des ateliers ludiques. Par exemple, je vais chercher à monter des ateliers avec des professeurs des écoles pour sensibiliser les jeunes enfants sur les ressources en eau.

Le but est aussi que toute personne non spécialiste se sente suffisamment à l’aise pour diffuser ces ateliers, et de créer des trucs originaux.

À côté de ça, je fais de l’aide à la scolarité, afin d’aider les jeunes les plus en difficulté dans leur parcours scolaire. Je crois que vous aurez compris que j’aime bien transmettre…

Pourquoi avoir choisi de t’engager de la sorte ? Qu’est-ce que cela t’apporte ?

J’aime beaucoup mon métier, mais comme je le disais, cela peut parfois être déprimant d’être autant conscient des enjeux environnementaux au quotidien.

Ces manières de m’engager, c’est mon exutoire afin d’éviter de déprimer a ce sujet.

Ça m’apporte aussi beaucoup de lien social, que j’ai moins dans mon travail quotidien derrière mon ordinateur.

Ton parcours

Raconte-nous un peu plus en détails ton parcours…

Je n’ai pas fait de reconversion mais j’ai quand même bifurqué dans mon parcours scolaire.

J’ai fait un parcours classique de bonne élève en mathématiques au lycée, qui est classes préparatoires puis école d’ingénieur.

J’étais dans une spécialité de génie des procédés et informatique qui ne me convenait pas spécialement (activité très industrielle), et j’ai profité des passerelles entre écoles d’ingénieurs pour faire un double diplôme lors de ma dernière année.

Ce double diplôme, c’est un master 2 en hydrologie/sol/environnement, qui était proposé par une école partenaire à mon école initiale.

En parallèle j’ai quand même pas mal axé mes stages scolaires dans le domaine de l’environnement (écologie / hydrologie), grâce à la filière « informatique » de ma spécialité, même si ce n’était pas toujours au goût de mes responsables.

Après mon école, j’ai eu l’opportunité de faire un doctorat en hydrologie, qui m’a appris beaucoup de choses transverses, dont la climatologie.

J’ai ensuite navigué dans la recherche, notamment à l’étranger, dans les services de l’État, puis dans le privé, où je suis aujourd’hui.

L’hydrologie c’est pas mal un domaine de recherche (avec un bac+8), ou de services de l’État (avec un statut de fonctionnaire). Mais il est tout a fait possible de travailler en hydrologie avec un bac+5 ou encore une licence ou un DUT, plutôt du côté des mesures physiques.

Y a t’il selon toi des formations indispensables pour faire ton métier ?

Les formations principales sont les licences en environnement, puis master en hydrologie ou encore les écoles d’ingénieurs (donc bac+5).

D’autres formations plus courtes existent, notamment pour tous les métiers sur les mesures physiques.

Toi

Quelles sont les valeurs les plus importantes pour toi ?

Je dirais l’honnêteté, la bienveillance et le respect !

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans ce métier ou, plus généralement, se reconvertir ?

Il n’est pas forcément facile de trouver un poste stable dans ce métier (comme tout métier très axé recherche et environnement), mais c’est un métier très intéressant et utile, alors foncez !

Et si vous avez envie de découvrir d’autres pays, il y a beaucoup d’opportunités a l’étranger (Amérique du Nord et Europe du Nord notamment).


Merci, Laurie !

Et aussi…

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