Matéo, Fondateur d’une marque de mode éthique à personnaliser

"Mon objectif est de sensibiliser/éveiller à un mode de consommation plus responsable dans le domaine de la mode.

Souvent, on a des paradoxes dans nos démarches écoresponsables, concernant le textile, on essai de consommer moins, mieux, mais on craque pour des pièces de mode éphémères de fast fashion car on ne trouve pas ce que l'on souhaite dans la slow fashion.

Ces "faux pas" sont normaux, on a tous des envies ou des besoins différents, et chacun mène son propre combat : ce peut être en ne mangeant pas de viande, en faisant ses déplacements à vélo ou en transport en commun... L'objectif n'est donc pas d'être moralisateur, mais de proposer une alternative.

leaflong propose une collection de vêtements intemporels en coton bio, que l'on peut personnaliser à l'aide d'accessoires surcyclés à boutonner. On peut donc créer son propre look sans modifier directement ses vêtements, pour changer de style, garder de la désirabilité pour ses pièces et les porter bien plus longtemps."

Fonction

Commercial et Vente, Marketing/Communication, Recherche, Relation Client, Stratégie et Management

Secteur

Mode et textile

Statut

Auto-entrepreneur.se

Type de structure

Micro entreprise

Mots clés

Mode, Ethique, Déclic, Entreprendre

Lien

https://www.leaflong.fr/

Ton métier

En quoi ton travail s’inscrit-il dans les luttes écologiques et sociales ? A quels enjeux et de quelle manière te permet-il de contribuer ?

Cette marque de mode éthique à pour but de réduire au maximum son impact environnemental sur toutes les étapes de confection : des champs de matières premières jusqu’à la livraison au consommateur final.

Bien sûr, nous sommes encore loin d’être parfait, mais nous faisons tout ce qui est possible à notre petite échelle, en étant toujours en quête d’amélioration.

Quelles qualités et compétences sont indispensables dans ton travail au quotidien, tant techniques qu’humaines (relationnel, créativité, pédagogie…) ?

En micro entreprise, il faut être touche à tout : développement business, relation fournisseur, comptabilité, gestion administrative, communication, marketing, logistique, relation client…

Il faut donc savoir s’entourer de bonnes personnes pour répartir ces tâches, qu’elles soient faites le mieux possible.

Il faut aussi avoir un bon relationnel avec ses partenaires, pour créer une vraie collaboration et que celle-ci soit pérenne : comprendre comment ils travaillent, comprendre comment améliorer tel ou tel process pour faciliter lâche des deux côtés…

Il faut aussi savoir concilier consommation responsable (consommer moins) et vente (pousser à l’achat).

C’est souvent un paradoxe dans ce domaine, mais si l’on souhaite que l’entreprise perdure, il faut que celle-ci soit rentable et fasse des bénéfices. Le but est donc de communiquer sur le besoin (et pas les pulsions d’achats), sur les valeurs ajoutées comparé à la fast fashion et faire comprendre au client tous les avantages qu’ils ont à mieux consommer sur le long terme, sans créer le besoin ou l’urgence d’achat chez eux.

Aujourd’hui, qu’est ce qui te plait le plus dans ton travail ?

Le fait qu’il n’y ait pas de routine, de pouvoir toucher à tout dans l’entreprise et de découvrir chaque jour de nouvelles choses.

J’aime créer, tester, inventer !

A contrario, quels aspects apprécies-tu moins ou sont plus difficiles ?

Devoir faire des tâches moins intéressantes selon mon profil (comptabilité, démarchage commercial…).

Quelles sont les idées reçues sur ce métier ?

Comme les prix des vêtements sont beaucoup plus élevés que ceux de la fast fashion, les gens pensent que l’on se faire des marges astronomiques sur la vente de produit. C’est cependant l’inverse, les marges de la mode éthiques sont justes, mais les t-shirts à 5€ sont une vraie plaie, à la fois pour l’environnement, mais aussi pour l’humain dans les pays où est faite la confection.

Cependant, comme c’est loin de nous, que ça ne nous touche pas directement, « ce n’est pas grave ». C’est aussi vrai dans beaucoup d’autres domaines comme la nourriture.

A ton avis, comment va évoluer ce métier dans les années qui viennent ?

La mode éthique se développe bien, il y a de plus en plus de marques pour répondre aux besoins des consommateurs (des pièces robustes, écoresponsables et qui nous ressemblent).

Cependant, la fast fashion sera toujours présente.

Ton parcours

Raconte-nous ton parcours : comment en es-tu arrivé à faire ce que tu fais ? Quelle(s) formation(s) as-tu suivie(s) ? Quelles ont été les étapes de ton parcours ?

En 2017, j’ai eu la chance de partir en voyage à l’étranger grâce à un Permis Vacances Travail. J’ai passé une année sur les routes de Nouvelle-Zélande et d’Asie du Sud-Est en quête d’aventures et de découvertes, avec pour seul compagnon mon sac à dos et quelques vêtements. Ça a été l’une des meilleures expériences de ma vie, que je recommande à toutes celles et ceux aimant voyager !

Cependant, mon retour en France a été un certain « choc de cultures » : surconsommation de prêt-à-porter, des magasins de vêtements partout, des soldes sans arrêt… Venant tout juste de passer un an avec presque rien et n’étant pas très fan de shopping à la base, je ne me reconnaissais plus dans ce mode de consommation et le gouffre s’était encore plus creusé après cette année d’aventure.

En parallèle, j’ai toujours eu l’envie de monter mon propre projet, faire quelque chose qui avait du sens, pouvoir agir à mon échelle et me sentir utile. J’ai réalisé une année d’alternance en travaillant dans un incubateur pour accompagner les porteurs de projet dès le stade de l’idée. C’est ce qui m’a conforté dans l’idée de rester dans l’entrepreneuriat et qui m’a donner l’expérience pour lancer mon propre projet.

A la suite de cette année d’étude, j’ai commencé à me renseigner sur l’industrie textile et ai découvert les impacts néfastes, autant sociaux qu’environnementaux, que provoquait cette industrie. J’étais déjà conscient que quelque chose ne tournait pas rond, mais je ne me sentais pas concerné parce que c’était « loin de moi ». Depuis, mon état d’esprit avait changé, je voulais agir.

Une fois ce projet en tête, je me suis penché sur le secteur de la mode éthique. Je voulais savoir quelles étaient les solutions existantes, en apprendre plus sur les matières, les méthodes de confection… J’ai participé à de nombreux évènements, expositions et salons pour pouvoir échanger avec des acteur.rice.s du milieu. J’ai notamment pu discuter avec Kevin et Ronan, les fondateurs de N’go Shoes, Hugo, le fondateur de Conouco, ou bien Josselin, le fondateur de Viji.

J’ai aussi commencé à parler de mon projet autour de moi, à mes proches, ma famille, mes ami.e.s… Je voulais comprendre ce qui les animaient sur le sujet : est ce qu’il.elle.s connaissaient la mode éthique, la consommaient, ce qu’il.elle.s aimaient comme design, coupe ou couleur, leurs habitudes d’achat… L’objectif était de créer une marque répondant au plus proche de leurs envies et de leurs besoins.

J’ai finalement créé un groupe Facebook afin de commencer à rassembler une communauté autour du projet et pousser la collaboration le plus loin possible.

Y a t’il selon toi des formations indispensables pour faire ton métier ?

Je ne pense pas.

Toi

Quelles sont les valeurs les plus importantes pour toi ?

Consommer moins, consommer mieux.

Faire tout ce qui est en notre pouvoir, à notre échelle, pour être plus responsable (environnemental/social).

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans ce métier ou, plus généralement, se reconvertir ?

Oser, tester, tenter plutôt que regretter !


Merci, Matéo !

Et aussi…

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