Matthieu Balas, Ingénieur et docteur en Chimie appliquée à l’Environnement

"Mon travail est un projet de recherche en laboratoire sur 3 ans. L'idée derrière est de lancer une réflexion sur une problématique précise. Dans mon cas, comment peut-on recycler le CO2 rejeté dans l'atmosphère?

Une première partie consiste à se faire une idée sur les stratégies qui existent déjà. En science, rien n'est définitif et on peut toujours chercher à améliorer ce qui existe déjà, en proposant une approche différente ou simplement en testant d'autres choses.

Maintenant qu'on sait à peu près dans quoi on se lance, on propose des idées d'amélioration. Il faut bien sur tester ces solutions innovantes et voir si elles sont effectivement meilleurs que celles existantes. Parfois ça marche et parfois non. C'est comme ça la recherche scientifique, on tâtonne à petit pas. Mais c'est les petits pas mis bout à bout qui font les grandes avancées."

Fonction

Recherche

Secteur

Gestion des pollutions, Enseignement et recherche

Statut

Auto-entrepreneur.se

Type de structure

Laboratoire Universitaire

Mots clés

Hydrocarbure, Chimie, Recherche, Enseignement, GES

Lien

https://youtu.be/vNINOb9hv74

Ton métier

En quoi ton travail s’inscrit-il dans les luttes écologiques et sociales ? A quels enjeux et de quelle manière te permet-il de contribuer ?

Mon activité consiste à penser et à mettre en place les solutions de demain. Et en recherche fondamentale, on parle d’innovations qui mettront peut-être 10 ou 30 ans avant de voir une application concrète.

Si elle fonctionne, elle permettrait potentiellement de réduire nos émissions de CO2 tout en proposant une alternative à nos besoins en hydrocarbure.

Quelles qualités et compétences sont indispensables dans ton travail au quotidien, tant techniques qu’humaines (relationnel, créativité, pédagogie…) ?

Les qualités essentielles à tout bon chercheur sont les suivantes:

  • Une forte curiosité
  • La capacité de ne pas s’arrêter devant un problème et de chercher la solution pour avancer
  • Un esprit de synthèse et de restitution des connaissances
  • Un bon relationnel
Aujourd’hui, qu’est ce qui te plait le plus dans ton travail et ces différentes activités ?

J’ai la chance d’évoluer dans un environnement à la pointe de la technologie, et de travailler avec des personnes talentueuses et qui sont passionnées par ce qu’elles font.

On ne travaille pas forcément sur le même sujet, voire dans des domaines opposés, mais on est capable d’en discuter et de s’aider les uns les autres grâce à nos expertises respectives.

J’ai aussi la chance de pouvoir enseigner la chimie à des étudiants en License ou Master. Partager mes connaissances et les rendre accessible est pour moi la meilleure des missions.

A contrario, quels aspects apprécies-tu moins ou sont plus difficiles ?

La recherche est un environnement de travail qui peut vite être compétitif : on a tous l’envie de publier nos résultats dans les meilleurs journaux et la concurrence peut être rude.

Aussi, mon sujet reste très fondamental et parfois très éloigné du contexte actuel et des solutions immédiates proposées.

Quelles sont les idées reçues sur ce métier ?

Les gens ont tendances à voir les chercheurs comme des personnes enfermées dans leurs labos, qui reste souvent dans leur petit monde complètement absorbés par leurs recherches.

Et quand on est passionné ça peut être vrai pour certain ^^

On nous décrit aussi comme déconnectés de la réalité. Au contraire, ce que j’adore en science, c’est que quand on décide de s’informer sur un sujet et de creuser un peu plus, on se rend vite compte que la réalité peut nous surprendre. Dans ce métier, il faut rester humble et ouvert d’esprit.

A ton avis, comment va évoluer ce métier dans les années qui viennent ?

La recherche scientifique a encore de très beaux jours devant elle, et particulièrement celle portant sur la chimie du CO2

Ton engagement bénévole

Décris-nous en quelques mots en quoi consiste ton engagement associatif.

Je suis récemment entré chez les Shifters et cherche à prendre de plus en plus de responsabilités.

Je participe aussi à des activités de vulgarisation scientifique, comme le concours « Ma Thèse en 180 secondes », ou des conférences que je donne aux collèges-lycées sur un sujet particulier.

J’aimerais m’impliquer plus et faire comprendre aux gens les enjeux du réchauffement et à quel point les solutions vont nous impacter.

Pourquoi avoir choisi de t’engager de la sorte ? Qu’est-ce que cela t’apporte ?

J’adore découvrir de nouvelles choses et pouvoir les expliquer plus simplement par la suite.

J’aimerais pouvoir travailler dans une structure où je pourrais contribuer à mon niveau aux enjeux écologiques et sociétales de notre époque. Plus que tout, je souhaite y donner un sens, et pouvoir contribuer à mon niveau à ce défi qui nous lie tous.

Ton parcours

Raconte-nous ton parcours en quelques phrases : comment en es-tu arrivé à faire ce que tu fais ? Quelle(s) formation(s) as-tu suivie(s) ? Quelles ont été les étapes de ton parcours ?

On ne devient pas chercheur en laboratoire par hasard.

J’ai toujours été curieux de nature, particulièrement en sciences (merci C’est pas sorcier, E=M6, Science et Vie, etc…).

Après mon bac S, j’ai intégré les classes préparatoires puis l’école d’ingénieur CPE Lyon. C’est grâce à un stage que je me suis intéressé de prés au CO2 et à ses enjeux.

Par la suite, je me suis spécialisé en chimie appliquée à l’environnement et je travaille maintenant en laboratoire, toujours sur le CO2.

Le diplôme et les études c’est bien, mais ce sont mes choix personnels d’orientation, et les personnes que j’ai pu rencontrer, qui m’ont permis d’en être là où je suis aujourd’hui.

Y a t’il selon toi des formations indispensables pour faire ton métier ?

Absolument. Un bac +5 avec diplôme d’ingénieur ou niveau Master équivalent sont requis.

Toi

Quelles sont les valeurs les plus importantes pour toi ?

Mes valeurs les plus importantes sont l’empathie, la curiosité et la fiabilité.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans ce métier ou, plus généralement, se reconvertir ?

Je dirais à cette personne de bien réfléchir, de se renseigner et d’en parler autour d’elle, car c’est un processus long et difficile.


Merci, Matthieu !

Et aussi…

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