Robin, Conseiller économie circulaire et Co-fondateur des Vers de Tours

Je suis conseiller économie circulaire à destination des entreprises artisanales.
Cela consiste à sensibiliser sur les sujets de la transition, comprendre les problématiques personnelles de l'entreprise, proposer ou conseiller des solutions et apporter toute l'information nécessaire.

Il peut s'agir de réaliser des webinaires ou des événements pour approfondir une thématique, organiser des groupes de travail, faire des audits en entreprise, rechercher les meilleurs solutions, simuler l'intérêt économique et environnemental, accompagner dans des demandes de subvention,...

Fonction

Conseil, Ingénierie et études

Secteur

Accompagnement, conseil et services aux entreprises, Education, Formation et Sensibilisation, Gestion des déchets et recyclage

Statut

Salarié.e, Entrepreneur.se

Type de structure

Chambre consulaire

Mots clés

Sobriété, conseil aux entreprises, biodéchets, compost, agriculture urbaine, économie circulaire

Lien

https://www.linkedin.com/in/rmorellet/

Ton métier

En quoi ton travail s’inscrit-il dans les luttes écologiques et sociales ? A quels enjeux et de quelle manière te permet-il de contribuer ?

Ce poste permet d’aller à la rencontre des acteurs de terrain, de comprendre leurs problématiques et de chercher à faire connaître tous les dispositifs qui peuvent exister pour faciliter la transition (aides financières, appels à projet, solutions innovantes etc).

Mon rôle est en fait de “mettre de l’huile dans les rouages” de la transition. De détecter ce qui peut s’appliquer à l’entreprise et lui permettre de réduire ses impacts, car pris.e dans son métier, il est souvent difficile pour un.e chef.fe d’entreprise de connaitre les aides et de prendre du recul sur les enjeux.

En connaissant mon écosystème, je peux créer de nouvelles connexions, et participer à la construction de nouvelles filières ou manières de voir le développement.

Quelles qualités et compétences sont indispensables dans ton travail au quotidien, tant techniques qu’humaines (relationnel, créativité, pédagogie…) ?

Une très grosse partie d’adaptabilité : toutes les entreprises sont différentes (sensibilité, taille, secteur géographique, activité, temps à accorder etc).

Il faut savoir faire preuve d’humilité, d’esprit de synthèse, d’ouverture et de compréhension face aux problématiques et limites évoquées.

Il est également indispensable de se tenir au courant des évolutions réglementaires qui risquent de toucher les entreprises, pour les aider à anticiper, et de l’actualité en général.

Petit à petit, on se construit une sorte de “catalogue mental” des solutions à proposer, en fonction de l’activité de l’entreprise, sa situation, son niveau de maturité. Cela peut aller des éco-gestes et changements d’habitudes de base jusqu’à l’évocation des low-tech.

Je dirais également que le dynamisme et le positivisme que l’on peut mettre dans la présentation de nouvelles habitudes sont capitales pour obtenir l’adhésion de son interlocuteur.rice.

Aujourd’hui, qu’est ce qui te plait le plus dans ton travail et ces différentes activités ?

La diversité des acteurs rencontrés et l’intégration totale dans un écosystème d’acteurs locaux, pour faire le point de jonction entre les dispositifs et programmes très institutionnels (et souvent incompréhensibles) et le concret des entreprises, souvent loin de ces réalités et pour qui la transition est vue comme une contrainte difficile à appliquer surtout en période économique contrainte.

A contrario, quels aspects apprécies-tu moins ou sont plus difficiles ?

Le plus difficile est de réussir à capter l’attention de l’entreprise et à l’inciter à prendre un peu de temps pour réfléchir à ces enjeux.

Le changement climatique, c’est très loin du premier enjeu de faire vivre l’entreprise (même si les effets sont parfois déjà observables), donc travailler sur les impacts environnementaux reste assez secondaire (même si ceux qui se lancent aujourd’hui ont beaucoup plus tendance à l’intégrer dès la création).

Egalement l’inadéquation que l’on peut observer entre les grandes annonces et programmes et la réalité de l’entreprise.

A ton avis, comment va évoluer ce métier dans les années qui viennent ?

Il devrait être de plus en plus considéré et ne pas se borner à un aspect “cosmétique”.

Jusqu’à présent on valorisait beaucoup les éco-gestes, qui sont indispensables mais assez dérisoires face à l’ampleur du problème. Le champ de compétences gagnerait probablement à intégrer une facette économique solide qui permette de justifier le passage à des solutions plus durables.

Nous devons également connaître et valoriser beaucoup plus les innovations low-tech, et résister au solutionnisme technologique qui fascine bien plus facilement.

Parler de sobriété doit être le premier discours.

Ton engagement bénévole

Décris-nous en quelques mots en quoi consiste ton engagement associatif/bénévole

J’ai participé à la création de l’association “Les Vers de Tours“, qui collecte à vélo les les biodéchets des professionnels pour les lombricomposter.

L’objectif est de proposer une solution qui permette de répondre à deux enjeux : les poubelles débordent, et les sols perdent leur fertilité.

En sauvant les biodéchets de l’incinération, on conserve ces nutriments qui peuvent rejoindre la terre.

Notre objectif est d’encourager l’agriculture urbaine qui doit se développer. A l’image de nombreuses autres initiatives de ce style, nous rêvons de collecter toujours plus de biodéchets et de participer concrètement à la sensibilisation de chacun sur cet enjeu.

Pourquoi avoir choisi de t’engager de la sorte ? Qu’est-ce que cela t’apporte ?

Cela part d’un besoin de savoir que je participe au changement.

Il y a quelques années, j’ai eu une vraie et douloureuse prise de conscience de notre situation en tant qu’espèce. Nous allons tout simplement droit dans le mur, en accélérant et en toute inconscience. Et on risque d’entraîner l’ensemble du vivant avec nous.

Il fallait que l’ensemble de mes actions puissent avoir un sens. Le comportement personnel est utile mais pas suffisant, c’est pourquoi j’ai choisi de mettre à dispo ma vie professionnelle pour ça.

Ma participation aux Vers de Tours me permet de voir concrètement une solution locale se mettre en place. Dans notre équipe de 4, on a envie de montrer que c’est possible, de sensibiliser un maximum. Chaque tonne de biodéchets sauvés c’est déjà une victoire pour nous.

Et c’est une vraie richesse personnelle de réaliser le chemin parcouru et toutes les idées que l’on a. On veut participer à la création d’un réseau d’acteurs engagés pour faire changer les choses. Et ça se met en place, ça bouillonne de partout.

Ton parcours

Raconte-nous un peu plus en détails ton parcours…

Pendant ma formation d’ingénieur chimiste, j’ai eu une prise conscience sur l’urgence écologique.

Alors que la voie “classique” aurait plutôt été un groupe pharmaceutique/cosmétique, pétrolier ou phytosanitaire (pour caricaturer), à partir de là, je me suis redirigé vers la majeure environnement puis un mastère spécialisé en économie circulaire.

2 ans d’expérience dans le service développement durable de Décathlon, qui m’ont permis de réaliser que même certains groupes internationaux peuvent opérer une transition, qui m’a parue sincère et ambitieuse (même si longue et compliquée évidemment!).

Puis j’ai démarré à mon poste actuel, et depuis bientôt 2 ans je conseille des TPE-PME sur ces enjeux.

Y a t’il selon toi des formations indispensables pour faire ton métier ?

Je ne pense pas. Il y a tellement de domaines et de secteurs d’application que je n’imagine pas une seule voie possible.

Au contraire, on peut partir aussi bien d’une expertise très poussée dans un domaine, dans lequel on va ensuite intégrer les notions de durabilité, que d’une vision et de connaissance plus globales, que l’on pourra alors essayer d’appliquer à de nombreux contextes.

L’essentiel par contre sera d’avoir la vision la plus systémique possible et de continuer à se tenir au courant d’un maximum de choses.

Toi

Quelles sont les valeurs les plus importantes pour toi ?

Respect – Sincérité – Courage

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans ce métier ou, plus généralement, se reconvertir ?

Ce que je sais, c’est que je ne sais rien” 😉

Je pense que j’apprends énormément tous les jours (en lisant, écoutant, parlant avec les entreprises).

Il n’existe pas de solution unique et miraculeuse, uniquement une mosaïque d’alternatives dans laquelle on peut chercher ce qui correspond le mieux.

Je pars du principe que chaque action, chaque produit, chaque service peut être revu et avoir des impacts réduits ou supprimés. Mais ça nécessite de (se) remettre en question en permanence.

Par exemple la solution n’est pas la voiture électrique. Ni peut-être même le tout vélo. Par contre en se posant la question “quel est mon besoin, pourquoi je me déplace, avec quelles contraintes” etc on a une réflexion qui se veut plus large et plus complète.

On doit revaloriser les principes de sobriété et réduire nos besoins avant tout.


Merci, Robin !

Et aussi…

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